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    GUGUTA (Gougoutsa)




    Le cadeau

    Une fois, Gougoutsa se trouva avoir sept kopecks. Il les enfouit au plus profond de sa poche et n’y toucha point trois jours durant dans l’espoir que ses kopecks feraient éclore des poussins d’argent. Trois jours après il ne trouva auprès de son argent rien de plus qu’un clou. Sa soeur Dique lui dit que chez elle non plus les pièces de monnaie ne faisaient jamais de poussins. Et la poche de son père n’était pas à la maison.

    Le jour d’une grande fête approchait, celle où tous les hommes doivent faire des cadeaux. Gougoutsa fut le premier des hommes de son village qui alla faire des achats. Au moment où il sortait par le portillon, un coup de klaxon retentit : une Volga.

    - Voilà ! dit le petit bonhomme en s’arrêtant. J’achèterai une auto à ma mère, car elle a mal aux pieds à tant marcher dans la cour. Moi, j’en serai le chauffeur. Et il s’achemina à grands pas vers le magasin. Là il vit une auto plus grande que son soulier. Le garçon poussa son bonnet sur la nuque et demanda :

    - N’avez-vous pas une auto où le chauffeur puisse entrer ?

    - Non ! fit de la tête la vendeuse.

    - Ah ! mais on ne pourrait même pas la faire sortir du magasin : la porte est trop étroite... s’attrista le petit bonhomme. Ce voyant, Gougoutsa acheta un bouton. Il lui restait encore quelques kopecks, et il décida d’acheter une robe à sa mère. Il voulait absolument qu’elle fût bleue comme les yeux de sa mère. Mais il ne trouva pas de robe telle que les yeux de sa mère. Alors Gougoutsa chercha encore dans le magasin, puisqu’il avait de l’argent. Tout à coup il remarqua des souliers avec des talons hauts d’une demie-archine.

    - Je vais les prendre, dit-il. Comme ça ma mère sera plus grande et pourra atteindre sans tabouret la corde à linge. Il voulait déjà les demander à la vendeuse, mais il se rendit compte qu’il ignorait la pointure. Il accourut tout essouflé à la maison et se mit à chercher un vieux soulier de sa mère.

    - Et si depuis le pied de ma mère a poussé ? se dit le garçon.

    Le soir Gougoutsa attendit que sa mère se couchât. Il lui raconta même un conte pour qu’elle s’endormît plus vite. Quelques minutes après sa mère s’endormit.

    Une autre fois cela aurait gêné Gougoutsa de ne pas terminer son conte, maintenant il ne s’en souciait point : que la fille du roi ait patience et attende Fet-Froumos jusqu’au soir où Gougoutsa pourrait continuer son récit. Le garçon sortit à pas de loup de la chambre et y revint un bout de fil à la main. La mère dormait toujours. Lorsqu’il voulut prendre la pointure du pied de sa mère, une main de celle-ci remua. Gougoutsa la prit doucement et la berça tout en chantonnant :

    Dodo, petite, dodo,

    dors, menotte, dors...

    La main une fois endormie, Gougoutsa se mit à mesurer le pied de sa mère. Chatouillé par les doigts de l’enfant, le gros orteil remua, mais comme il était ensommeillé, il ne se rendit pas compte de ce qui se passait.

    Le lendemain, de grand matin, la vendeuse trouve Gougoutsa sur le seuil du magasin. En les mesurant de son fil, Gougoutsa s’assura que les souliers convenaient bien à sa mère. Alors il sortit les trois kopecks et les mit sur le comptoir. Il attendit, attendit encore, mais la vendeuse ne lui prêta pas attention. Il toussota, se gratta une oreille, puis l’autre, il compta encore une fois l’argent, mais la vendeuse ne lui donnait pas les souliers. Si par hasard vous vous étiez trouvés dans ces parages, vous auriez vu Gougoutsa sortir du village. Il marcha jusqu’à ce que son bonnet de fourrure eût disparu derrière une colline pour y rester jusque dans l’après-midi. Ensuite les hommes le virent descendre de la colline avec une brassée de perce-neige. Ses souliers étaient devenus lourds, et son bonnet, fatigué et affamé, se balançait sur sa tête ; mais Gougoutsa était plus fort que ses souliers et son bonnet. Et le garçon porta les perce-neige tout droit au magasin. Premièrement il offrit un grand bouquet à la vendeuse. Les hommes qui s’y trouvaient en reçurent chacun un, personnne n’avait encore vu de perce-neige cette année-là. La vendeuse caressait toujours le bonnet de Gougoutsa, tandis que les villageois le couvraient de louanges.

    - Vois-le donc, s’étonnait un villageois. Tu as été jusqu’au Hyrtope, dis ?

    - Oui, opina de la tête le garçon.

    - Moi, je le porterai à ma vieille, se réjouissait oncle Théodor Poutina. Si elle te demande, Gougoutsa, tu lui diras que nous y sommes allés ensemble.

    - Et moi aussi, dit Victor Epouré en caressant son perce-neige.

    Gougoutsa sortit ses trois kopecks et les compta une fois de plus, mais la vendeuse ne quitta pas des yeux les perce-neige. Ce fut à ce moment qu’il aperçut que les souliers étaient sous le bras de Georges Coucou. Quand Gougoutsa vit qu’il n’avait pas de chance, il soupira et revint chez lui tout triste. Devant lui l’oncle Théodor Poutina, Georges Coucou et Victor Epouré marchaient bien fiers, chacun un perce-neige à la main. Le soleil se couchait, sur le ciel s’amassaient des meules de nuages.

    - Demain, je me lèverai avant ma mère et je lui apporterai tout un bonnet de perce-neige, essayait de se calmer Gougoutsa.

    Mais à la tombée du jour, il commença à neiger. Jamais le garçon n’avait vu tomber d’aussi gros flocons. A la nuit tombante, la terre était toute blanche.

    Gougoutsa attendit bien longtemps auprès de la fenêtre que la neige cessât de tomber, et bien plus tard, sa mère le trouva endormi un bouton à la main.




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