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    LIMBA NOASTRA. Notre langue


    LIMBA NOASTRA

    Le 31 août est un jour férié en Moldavie c’est « Limba Noastra », le jour de la langue. Mais quelle langue ? La langue moldave n’existe pas. La majorité des Moldaves sont d’origine roumaine et ils parlent donc le roumain. Pour des raisons partisanes, les politiques utilisent le débat linguistique entre les communautés qui vivent en Moldavie. Pendant la période soviétique le roumain, langue latine, comme le français, le catalan, l’italien ... s’est écrit en cyrillique. D’où la confusion, entretenue, de langue moldave différente du roumain. Pour mieux comprendre la situation linguistique compliquée de la Moldavie, voici l’article de Jacques Leclerc :


    2. Les minorités linguistiques

    Les minorités les plus importantes du pays sont les Ukrainiens (13,8 %) et les Russes (13 %). Ces deux communautés linguistiques sont puissantes, d’une part, parce qu’elles sont solidaires et forment une coalition de 26,8 %, d’autre part, parce qu’elles constituent une classe sociale privilégiée, économiquement plus riche et omniprésente dans les grandes villes et surtout dans la capitale. De plus, ces deux communautés sont géographiquement concentrées et constituent ensemble une majorité slave dans la région de la Transnistrie.

    La langue de ces deux minorités slaves n’est pas en danger, bien au contraire. La langue russe occupe des positions socialement et économiquement décisives dans toutes les grandes villes du pays, y compris, rappelons-le, dans la capitale (Chisinau). La langue russe est la principale langue de communication entre les citoyens d’ethnies différentes en Moldavie, et elle jouit d’un prestige considérable. Même la langue moldave est très influencée par le russe (contrairement à la langue roumaine). Beaucoup de Moldaves semblent « traduire » dans leur langue les notions apprises au moyen des structures de la langue russe. Par conséquent, le russe est devenu pour beaucoup de Moldaves plus qu’une simple langue étrangère.Certains d’entre eux sont plus à l’aise lorsqu’ils s’expriment en russe qu’en moldave.

    Les petites minorités de la Moldavie sont les Gagaouzes (3,5 %), les Bulgares (2 %), les Juifs (1,5 %) et plusieurs autres communautés dispersées (Biélorusses, Polonais, Tsiganes, Allemands de Moldavie, Arméniens, Lituaniens, Azéris, Tatars, Tchouvaches, Ouzbeks, etc.). Les Gagaouzes vivent dans le sud du pays, particulièrement dans l’unité administrative de Gagaouze-Yeri .Ils comptent pour 78,7 % de la population locale, les autres groupes étant formés de Bulgares (5,5 %), de Moldaves roumanophones (5,4 %), de Russes (5 %) de Russes, d’Ukrainiens (4 %) et de 1,3 % de Tsiganes et de diverses autres petites nationalités.

    Rappelons qu’il existe un fort décalage entre la connaissance des langues secondes de la part des Moldaves et des minorités linguistiques. La langue moldave est maîtrisée, comme langue maternelle, par 99 % des Moldaves, mais comme langue seconde par seulement 15 % des Ukrainiens, 12 % des Russes, 5 % des Gagaouzes et 9 % des Bulgares. Par contre, le russe est maîtrisé par la totalité des Russes et, comme langue seconde, par 57 % des Moldaves, 80 % des Ukrainiens, 80 % des Gagaouzes et 86 % des Bulgares. Cette répartition des langues est révélatrice des rapports de force entre le moldave et le russe.

    Soulignons qu’en Moldavie les expressions « groupe ethnique », « groupe national », « minorité ethnique », « minorité nationale » ou même « ethnie » font l’objet de controverses, aussi bien au point de vue linguistique que juridique. C’est probablement l’une des raisons qui expliquerait pourquoi la république de Moldavie n’a pu, jusqu’à présent, aboutir à adopter une nouvelle loi qui réglementerait le statut de ceux qui appartiennent à l’une des minorités nationales du pays.

    De fait, aucun des trois projets de loi présentés depuis une décennie (dont la Loi relative aux droits des personnes appartenant aux minorités nationales) n’a pu être adopté. Seules les lois proclamées le 31 août 1989 sont demeurées en vigueur jusqu’en 1994, notamment la Loi relative au fonctionnement des langues parlées sur le territoire de la république de Moldavie. Depuis, hormis quelques articles de la Constitution (1994), il n’existe que fort peu de lois à incidence linguistique (dont le Code de la juridiction constitutionnelle (n° 502-XIII) du 16 juin 1995, la Loi relative à la Cour constitutionnelle n° 317-XIII du 13 décembre 1994 modifiée par la loi n° 917-XIII du 11 juillet 1996 et par la loi no 1221-XIII du 26 juin 1997, la Loi relative à la procédure de l’élection du président de la république de Moldavie du 22 septembre 2000.

    Ce n’est que vers la fin des années quatre-vingt que commença la lutte pour la reconnaissance officielle du moldave, car durant tout le régime soviétique les enfants appartenant à des minorités ethniques n’apprenaient que le russe. À partir de 1988, la question linguistique prit des proportions telles qu’elle devint le coeur du processus de restructuration : les revendications politiques se confondirent avec les revendications identitaires et linguistiques. Le 31 août 1989, le Parlement moldave, malgré l’opposition des députés russophones, proclama le moldave comme l’unique langue officielle avec l’alphabet latin (en remplacement de l’alphabet cyrillique).

    En effet, le 31 août 1989, le Parlement moldave modifiait la Constitution du 15 avril 1978. Voici ce qu’on pouvait lire dans le nouvel article 70 de la Constitution modifiée du 31 août 1989 :

    Article 70

    1) Le moldave est la langue officielle de la RSS de Moldavie. La langue officielle est utilisée dans la vie politique, économique, sociale et culturelle et fonctionne sur la base de la graphie latine.

    2) La RSS de Moldavie garantit la protection et le développement de la langue de la nationalité gagaouze dont une grande partie habite le territoire de la république.

    3) La RSS de Moldavie garantit sur son territoire les conditions nécessaires à l’emploi et au développement de la langue russe en tant que langue de communication entre les nationalités en URSS ; elle protège aussi les langues des autres nationalités.

    4) Le régime d’emploi des langues et de leurs relations avec la langue officielle de la RSS est fixé par la législation en vigueur et par la loi de la RSS de Moldavie « sur le fonctionnement des langues dans le territoire de la RSS de Moldavie ».

    L’article 158 prévoyait des mesures en ce qui a trait aux langues employées dans toute procédure judiciaire :

    Article 158

    La procédure judiciaire dans la RSS de Moldavie est conduite dans les langues moldave ou russe ou bien dans la langue de la majorité de la population de la localité donnée. Les personnes participant au procès et ne possédant pas la langue dans laquelle se fait la procédure judiciaire ont le droit de prendre pleinement connaissance du dossier, de prendre part aux actions judiciaires par l’intermédiaire d’un interprète et de s’exprimer durant l’audience dans leur langue maternelle.

    De plus, le Parlement votait, la même journée, trois lois linguistiques : la Loi relative au statut de la langue officielle dans la république de Moldavie, la Loi relative au fonctionnement des langues parlées sur le territoire de la république de Moldavie et la Loi relative au retour de la langue moldave à la graphie latine. Cette journée du 31 août fut proclamée jour de la Fête nationale et célébrée chaque année depuis 1989. Cependant, si le Parlement moldave, élu dans le cadre institutionnel soviétique, proclamait le moldave « langue officielle de la république », il maintenait également le russe comme « langue de communication interethnique ».

    En 1990, le Front populaire de Moldavie (devenu depuis le Front populaire et démocrate), un parti rattachiste pro-Roumanie, réussit à imposer les caractères de l’alphabet latin destiné à l’alphabet cyrillique en usage sous le régime soviétique. Pendant ce temps, les problèmes ethniques et territoriaux, qui dominaient la vie politique moldave, provoquèrent une grave guerre civile.

    Des fonctionnaires refusèrent d’appliquer localement la loi linguistique - Loi relative au statut de la langue officielle dans la république de Moldavie - dans la région située à l’est du Dniestr (la Transnistrie) où était installée une forte minorité slave (ukrainienne et russe). Le Yedinstvo (signifiant « unité » en russe), un parti politique slave, fut créé pour revendiquer une plus grande autonomie pour la Transnistrie. Il obtint l’organisation d’un référendum, à la suite duquel les autorités locales annoncèrent, en septembre 1990, la création de la « République socialiste soviétique autonome de Transnistrie ».




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