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    LIMBA NOASTRA. Notre langue


    LIMBA NOASTRA

    Le 31 août est un jour férié en Moldavie c’est « Limba Noastra », le jour de la langue. Mais quelle langue ? La langue moldave n’existe pas. La majorité des Moldaves sont d’origine roumaine et ils parlent donc le roumain. Pour des raisons partisanes, les politiques utilisent le débat linguistique entre les communautés qui vivent en Moldavie. Pendant la période soviétique le roumain, langue latine, comme le français, le catalan, l’italien ... s’est écrit en cyrillique. D’où la confusion, entretenue, de langue moldave différente du roumain. Pour mieux comprendre la situation linguistique compliquée de la Moldavie, voici l’article de Jacques Leclerc :


    LECLERC, Jacques. « Moldavie » dans L’aménagement linguistique dans le monde, Québec, TLFQ, Université Laval, 31 décembre 2001, http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/moldavie.htm

    1 La majorité moldave (roumanophone)

    Le groupe majoritaire est constitué de Moldaves (64, % %). Ces derniers parlent le moldave (une langue romane appelée roumain en Roumanie) et ils sont en très grande majorité de religion orthodoxe russe. Le moldave et le roumain constituent une seule et même langue, mais pour des raisons historiques et idéologiques celle-ci est appelée roumain en Roumanie et moldave en Moldavie. En fait, l’appellation de moldave relèverait de l’idéologie d’une Moldavie indépendante distincte de la Roumanie (idéologie pro-moldave), alors que le mot roumain correspondrait à la position des « rattachistes » qui préconisent le rattachement de la Moldavie à la Roumanie voisine (idéologie pro-roumaine).

    En 1990, le président moldave (Mircea Snegur) faisait cette déclaration à propos de la distinction entre le moldave et le roumain :

    Il y a eu beaucoup d’agitation à propos de la langue parlée par les Moldaves en république de Moldavie. Bien entendu, nous partageons la même langue avec nos frères de Roumanie. Mais, pareillement, personne ne peut dénier l’existence de certaines nuances [dans la langue moldave]... D’après moi, en tant que locuteur parmi d’autres de cette langue, nous ne pouvons remettre en cause le fait que nos frères et nos soeurs parlent légèrement différemment de nous. L’acceptation de cette différence a été caractéristique tout au long de l’histoire et je ne vois pas pourquoi nous faisons tout ce que nous pouvons pour l’oublier maintenant.

    Pour le président moldave de l’époque, le « panroumanisme » était perçu comme une « trahison » ; il accusa les écrivains et les historiens moldaves de mettre en doute la « légitimité et les fondements historiques de notre droit à former un État, de nous appeler le peuple moldave ». En adoptant un nationalisme moldave comme fondement de la république moldave, Snegur tentait ainsi de représenter son gouvernement comme le garant de l’indépendance et de l’intégrité territoriale moldaves. Il savait également que, selon les enquêtes menées dans le pays, que 10 % de la population moldave entendait soutenir l’unification avec la Roumanie et que 87 % des locuteurs du moldave préféraient s’identifier à la Moldavie plutôt qu’à la Roumanie. C’était aussi une image qui séduisait la paysannerie moldave et... un point de vue électoraliste.

    Évidemment, la question est loin d’être réglée, d’autant plus que les Roumains, pour leur part, considèrent le moldave comme un « dialecte du roumain » ; beaucoup de Roumains croient aussi que les Moldaves maîtrisent mal le roumain (moldave) et qu’ils sont plus habiles à parler le russe. Enfin, pour d’autres personnes, il s’agirait d’une distinction inutile, car le moldave n’est pas une réalité linguistique distincte, mais une « invention soviétique » qui empoisonnerait la conscience nationale des roumanophones de Moldavie. Depuis 1991, les Moldaves ont remplacé l’écriture cyrillique par l’alphabet latin, de sorte que leur langue ne se distingue plus vraiment du roumain.

    La situation linguistique semble particulièrement difficile pour les Moldaves habitant la Transnistrie parce qu’ils y vivent dans une situation minoritaire anormale. En effet, ils ne comptent que 40 % dans cette région qui, au surplus, n’est pas contrôlée par les autorités moldaves. Comme ils cohabitent dans un environnement majoritairement slave, les Moldaves doivent pour le moment accepter que leurs enfants vivent dans un pays qui ne leur appartient pas et où la langue russe domine partout.

    Soulignons aussi que la société moldave est restée en général très attachée à la culture francophone en raison de ses origines latines communes avec la langue française. Les autorités politiques ont toujours favorisé les initiatives visant à maintenir le français au premier rang des langues étrangères enseignées dans le pays. D’ailleurs, la république de Moldavie est membre à part entière de la Francophonie depuis 1997 (Sommet de Hanoï). Aujourd’hui, toutes les langues roumaines (roumain, moldave, aroumain, mégléno-roumain, etc.) sont parlées dans une aire linguistique située autour de la Roumanie.




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