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    Défis pour la moldavie



    2.3. Secteurs économiques

    17. La Moldova, à l’économie traditionnellement agraire et dont la superficie est constituée aux trois-quarts de terres cultivables, dépend très lourdement de l’agriculture qui représente environ un cinquième de son PIB et emploie un quart de la main d’œuvre du pays. Des conditions climatiques favorables et une bonne qualité des sols permettent au pays de produire des fruits, des légumes, du blé, des betteraves, du tournesol, du tabac ainsi que du vin (certains vins étant reconnus comme faisant partie des meilleurs crus sur le marché), de la viande bovine et du lait. L’industrie est tournée pour l’essentiel vers l’agroalimentaire (production de jus de fruit, fruits et légumes en conserve, sucre et huiles végétales) et vers la production de machines agricoles, cependant, la Moldova a aussi des secteurs industriels diversifiés (chaussure, textile, travail du bois, fonderie, ainsi que production de certains biens de consommation, par exemple des réfrigérateurs, des congélateurs et des machines à laver). Aujourd’hui, le secteur de la production représente près de 80% de la production industrielle totale.

    18. La production agricole et industrielle a décliné depuis l’indépendance. Dans les années 90, l’agriculture et l’industrie ont enregistré des taux de croissance annuels moyens négatifs (-13,7% et -15,7% respectivement [9]http://assembly.coe.int/Documents/W... - voir graphique 4). Les parts de ces deux secteurs ont donc diminué dans le PIB au bénéfice de celle des services (graphique 5) dont la croissance a été considérable, ce qui s’explique en grande partie par l’expansion régulière des services de transport et de communication, du commerce et de la construction. En 2002, l’agriculture, l’industrie et des services pesaient respectivement 21%, 18,6% et 47,5% du PIB de la Moldova [10]http://assembly.coe.int/Documents/W.... L’économie souterraine représenterait, selon les estimations, environ 31% du PIB.

    Graphique 4. Production agricole et industrielle 1995-2002

    Graphique 5. PIB par secteur 1995 2000

    (Note : la différence entre la somme et le total de 100 % est composée de taxes nettes sur les marchandises et importations)

    Source : Département de la Statistique et de la Sociologie de la Moldova

    19. La privatisation de la terre et la restructuration des exploitations étaient deux des éléments du programme général de réforme économique. Grâce à la restructuration de grandes exploitations agricoles et au transfert de la propriété foncière aux agriculteurs, la majeure partie de la production agricole est maintenant détenue par des personnes privées. En 2000, la production agricole privée a représenté 74% de la production totale (contre 38,6% en 1993) [11]http://assembly.coe.int/Documents/W.... Malgré les efforts de privatisation, la production agricole a continué de chuter, principalement du fait des niveaux de productivité et de récolte plus faibles (les rendements ont chuté car bon nombre de petits agriculteurs n’ont pas les moyens d’acheter les équipements, les engrais, les semences ou d’assurer l’irrigation, mais aussi du fait de mauvaises conditions climatiques). C’est pourquoi la récente tendance à un remembrement des terrains privés et à la création de coopératives volontaires est un bon point. La reprise dans la production industrielle était notable dès 2000 et s’est poursuivie en 2001 et en 2002, puisque les taux de croissance en glissement annuel ont été de 8%, 14,2 et 10,6% respectivement [12]http://assembly.coe.int/Documents/W... ; le rendement agricole a continué à augmenter régulièrement, de 4,4 % en 2001 et de 8,8% en 2002. Toutefois, il faut encore s’efforcer de mettre en œuvre avec régularité les réformes structurelles afin de consolider la croissance économique.

    2.4. Commerce

    20. Dans le cadre de son programme général de réforme économique, la Moldova a appliqué une politique de libéralisation du commerce dès les premiers temps de son processus de transition, par exemple en supprimant le monopole d’Etat sur le commerce extérieur en 1992 et en éliminant progressivement les restrictions aux importations et exportations. La Moldova étant un petit pays, elle ne peut être autonome que dans un petit nombre de secteurs et elle dépend très largement de son commerce extérieur. Comme elle a besoin d’importer une large gamme de marchandises et de matières premières, elle doit donc se donner comme priorités clés de diversifier et de promouvoir davantage les exportations.

    21. Des déséquilibres majeurs de commerce, essentiellement dus à la chute de la production intérieure et à la nécessité d’importer certaines commodités (en particulier de l’énergie), ont entraîné une détérioration progressive mais substantielle du déficit en compte courant. La croissance annuelle des importations de biens et de services était en moyenne de 4,6% entre 1990 et 2000, alors que celle des exportations n’était que de 1% [13]http://assembly.coe.int/Documents/W.... Comme le montre le graphique 6 ci-dessous, le déficit en compte courant a été en moyenne de 10,6% du PIB entre 1995 et 2000, avec un pic de 19,3% en 1998 à la suite de la crise financière russe. Il est en grande partie attribué à une aggravation du déficit commercial. Les recettes d’exportation sont tombées de 60% à 52% du PIB, alors que les dépenses d’importation passaient de 70% à 72,5% du PIB au cours de la même période (voir graphique 7 ci-dessous). Dans le même temps, les termes de l’échange [14]http://assembly.coe.int/Documents/W... de la Moldova se détérioraient de 26% (passant d’une base 100 à 74) entre 1995 et 2000. Bien que le volume du commerce extérieur de la Moldova ait considérablement augmenté en 2001 et 2002, le déséquilibre commercial a persisté.

    Graphique 6. Déficit en compte courant

    1995-2002

    Graphique 7. Exportations Importations 1995 2000

    Source : Banque centrale de la Moldova ; Tendances économiques de la Moldova

    Source : Département de la Statistique et de la Sociologie de la Moldova

    22. De tels déséquilibres du compte courant sont exceptionnellement élevés au regard des normes des pays industrialisés et dépassent de loin ceux enregistrés par les économies de marché émergentes. De ce fait, la position extérieure de la Moldova s’est substantiellement dégradée au fil du temps et, entre 1995 et 2002, les réserves moyennes en devises n’étaient estimées qu’à 2,6 mois seulement d’importations. Toutefois, le FMI s’attend à une amélioration du déficit en compte courant, au fur et à mesure que les exportations augmentent et que les pertes diminuent dans le secteur de l’énergie grâce à la poursuite des privatisations et de la restructuration, ce qui réduira le déficit commercial. Pour la première fois depuis la crise russe de 1998, le taux de croissance en glissement annuel des exportations a dépassé celui des importations au cours du deuxième trimestre de 2001 [15]http://assembly.coe.int/Documents/W... mais le volume des exportations n’a toujours pas retrouvé le niveau de 1997 et, en 2001 et en 2002, la balance commerciale est restée déficitaire.

    23. Les tableaux 1 et 2 ci-dessous reprennent la liste des principaux produits exportés et importés par la Moldova. Au cours des dernières années, les exportations se sont légèrement diversifiées et dépendent moins des produits agricoles (plus particulièrement le vin et le tabac), toutefois, les produits alimentaires, les boissons et le tabac représentaient encore 38% des recettes totales d’exportation en 2002. Le deuxième secteur le plus important pour les exportations (textile et produits textiles) a vu sa part augmenter significativement depuis 1997, où il ne représentait que 6,7% des recettes totales d’exportation. Les produits finis représentaient 27% des exports, alors que les exportations de produits primaires représentaient les 73% restants. Les importations de produits d’extraction représentent un cinquième de l’ensemble des dépenses d’importation, car la Moldova dépend des autres pays pour ses fournitures en pétrole, charbon et gaz naturel destinées à la production d’électricité. Les recettes totales d’exportation de la Moldova étaient de 878 millions USD en 2002, contre des importations de 1 279 millions USD au total [16]http://assembly.coe.int/Documents/W....

    Tableau 1. Principaux produits exportés

    Produits % du total en 2000 % du total en 2002
    Alimentation, boissons, tabac 41.9% 37.8%
    Textiles 17.7% 16.7%
    Produits végétales 14.0% 15.0%
    Machines équipement 5.2% 4.2%
    Animaux vivants produits animaux 4.8% 2.2%
    Cuir fourrure 2.8% ...
    Métaux produits métalliques 2.5% 1.1%
    Produits chimiques 1.7% ...
    Produits d’extraction 0.6% 1.6%
    Autres 8.8% 21.5%

    Tableau 2. Principaux produits importés

    Produits % du total en 2000 % du total en 2002
    Produits d’extraction 33.0% 21.7%
    Machines équipement 12.7% 14.0%
    Textiles 10.0% 10.0%
    Produits chimiques 9.6% 10.7%
    Alimentation, boissons, tabac 9.2% ...
    Métaux produits métalliques 4.1% 4.6%
    Produits végétales 3.3% 4.0%
    Animaux vivants produits animaux 1.4% ...
    Cuir fourrure 0.3% ...
    Autres 16.4% 35.2%

    Source : Département de la Statistique et de la Sociologie de la Moldova

    24. La Moldova reste très largement dépendante de la Russie pour son commerce, en particulier pour les exportations (tableaux 3 et 4 ci-dessous). Alors que la part des exportations vers la Russie et d’autres pays de la CEI a quelque peu décliné depuis 1995, elle représentait encore 58,6% des exportations totales en 2000 (52% en 2002). En revanche, la part des importations totales provenant des pays de la CEI a diminué de manière substantielle, passant de 67,7% en 1995 à 32,5% en 2000 et à 39,4% en 2002. Pour ce qui est des exportations, les pays d’Europe centrale et orientale ont perdu de leur importance, alors que, pour les importations, leur part du total est passée de 14,3% en 1995 à 26,4% en 2000 et à 23,2% en 2002. L’importance des pays de l’UE en tant que partenaires commerciaux a augmenté tant à l’exportation qu’à l’importation. Les exportations en direction des pays de l’UE représentaient 21,9% des exportations totales en 2000 (contre 11,6% en 1995) et 24,3% en 2002, 26,4% (en 2000 et en 2002) du total des importations provenant de pays de l’UE (contre 13,7% en 1995). On note également la part croissante des importations en provenance d’autres pays (y compris les Etats-Unis), qui s’élevait à 15,8% du total en 2000.

    Tableau 3. Principaux partenaires pour l’exportation

    Pays % du total 2002 % du total 2000 % du total 1995
    Russie 35.4% 44.5% 48.3%
    Roumanie 8.4% 8.2% 13.9%
    Italie 9.1% 7.7% 2.1%
    Ukraine 9.1% 7.6% 7.9%
    Allemagne 7.4% 7.6% 6.1%
    Autres pays de l’EU 7.9% 6.4% 3.4%
    Autres pays 10.2% 6.1% 4.5%
    Bélarus 5.6% 4.6% 3.6%
    Autres pays de l’ECE 3.3% 3.8% 3.7%
    Autres pays de la CEI 1.8% 1.9% 2.9%
    Hongrie 1.3% 1.0% 0.8%
    Bulgarie 0.5% 0.7% 2.9%

    Tableau 4. Principaux partenaires pour l’importation

    Pays %du total 2002 %du total 2000 % du total 1995
    Roumanie 11.4% 16.3% 6.7%
    Autres pays 11.0% 15.8% 4.3%
    Ukraine 20.4% 14.2% 27.2%
    Russie 15.3% 13.2% 33.1%
    Allemagne 9.2% 10.8% 5.4%
    Autres pays de l’EU 9.7% 9.9% 6.0%
    Autres pays de l’ECE 7.1% 5.8% 2.9%
    Italie 7.5% 5.7% 2.3%
    Bélarus 3.5% 4.1% 6.0%
    Hongrie 2.0% 1.9% 1.0%
    Bulgarie 2.6% 1.8% 3.8%
    Autres pays de la CEI 0.2% 0.4% 1.4%

    Source : Ministère de l’Economie et des Réformes de la Moldova ; Tendances économiques de la Moldova

    25. La Moldova est partie à un certain nombre d’accords commerciaux multilatéraux, le plus important d’entre eux étant son adhésion à l’Organisation mondiale du Commerce en juillet 2001. Le fait que la Moldova soit membre de l’OMC facilitera la promotion de ses produits à l’étranger, l’expansion et la diversification de ses relations commerciales et sa protection contre des mesures commerciales discriminatoires. En 1994, la Moldova a signé un Accord de partenariat et de coopération (APC) avec l’UE. Entré en vigueur en 1998, il vise, entre autres choses, à créer un environnement favorable pour des relations commerciales, d’investissement et économiques mutuellement favorables et pourrait éventuellement aboutir à l’établissement d’une zone de libre-échange bilatéral. En outre, en juin 2001, la Moldova est entrée dans le Pacte de Stabilité pour l’Europe du Sud-Est, qui envisage des accords de libre-échange entre toutes les parties. Enfin, pour conserver et étendre ses relations commerciales traditionnelles, la Moldova a conclu des accords bilatéraux de libre-échange avec tous les pays de la CEI (à l’exception du Tadjikistan) et avec la Roumanie.

    2.5. Dette extérieure

    26. En 1991, la Moldova a entamé sa transition pratiquement sans dette extérieure, puisque la Fédération de Russie avait repris l’encours d’obligations du pays à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique. Depuis lors, comme le montre le graphique 9 ci-dessous, la dette extérieure a gonflé énormément par rapport au PIB et aux exportations. Un certain nombre de facteurs contribuent à expliquer cet état de fait, par exemple l’accumulation de gros déficits en compte courant à la fin des années 1990, la hausse des prix de l’énergie à l’étranger, une brutale dépréciation du Lei moldave en 1999 et une faible croissance économique, exacerbée par la crise financière russe de 1998. A la fin de 2000, la dette extérieure totale (y compris quelque 300 millions USD de dette contractée pour assurer des ressources énergétiques) s’élevait à 1,55 milliards USD, soit 108% du PIB et 243% des recettes d’exportation. Elle est redescendue à 1,5 milliards USD en 2001 mais est remontée à 1,64 milliards USD en 2002.

    27. L’accumulation de la dette ayant coïncidé avec une chute des recettes d’exportation (en particulier depuis la crise financière russe de 1998), la Moldova a eu de plus en plus de difficultés à assurer le remboursement de sa dette. Pour y faire face, comme beaucoup de pays pauvres, elle a procédé à de nouveaux emprunts uniquement pour s’acquitter du service des obligations liées à la dette - entrant ce faisant dans un cercle vicieux où plus l’endettement augmente, plus il faut emprunter. En 2000, le service de la dette extérieure (principal plus intérêts) représentait 21% des exportations (il était redescendu après avoir atteint un pic de 31,6% en 1999) et 23,7% des dépenses budgétaires. Toutefois, en 2002, le service de la dette a diminué pour ne plus représenter que 10,4% des exportations et 9,2% des dépenses budgétaires, en partie du fait d’une croissance économique bien plus forte, mais aussi grâce à un rééchelonnement d’un paiement en souffrance de 39,6 millions USD sur une émission d’euro-obligations.

    28. Si la part de la dette publique (c’est-à-dire celle du gouvernement et de la Banque centrale de la Moldova) dans le total de la dette extérieure est tombée de 80% en 1995 à 58% en 2001, les dépenses pour le service de la dette publique représentaient encore en moyenne un quart des dépenses budgétaires totales pour 1999-2001. Sur l’encours total de la dette extérieure et des décaissements à la fin de 2001, 60% était dus à la Banque mondiale, au FMI et à d’autres institutions multilatérales, 22% à des créanciers bilatéraux et 18% à des prêteurs privés. Selon les classifications de la Banque mondiale, la Moldova reste considérée comme un pays modérément endetté si l’on prend le critère de la dette extérieure par tête. Ses indicateurs de la dette sont cependant très proches de ceux de pays surendettés. La dette extérieure est une charge financière particulièrement lourde pour la Moldova si l‘on considère le ratio dette/PIB (estimé à 107,8% en 2002) et elle constitue un obstacle majeur à l’investissement public dont le pays a grand besoin. Si l’environnement extérieur devient moins favorable et la croissance stagne, l’endettement pourrait devenir intenable. Même si, à la mi-2002, le FMI faisait une évaluation positive de la situation de la dette de la Moldova, les principales agences de notation, y compris Standard Poor‘s et Fitch, ont considéré que la Moldova était au bord de la défaillance sur les remboursements de sa dette dus en 2002 et ont déclassé la notation de ce pays. Cependant, les perspectives pour 2003 semblent plus positives.

    Graphique 8. Dette extérieure service de la dette 1993-2002

    Source : Banque centrale de la Moldova

    2.6. Investissement direct étranger et Aide publique au développement (ADP)

    29. Au début de la transition, les flux entrants d’IDE (investissement direct étranger) étaient pratiquement inexistants en Moldova. Cependant, depuis 1995, ils ont augmenté (voir graphique 8 ci-dessous). Ils ont été particulièrement bas en 1999 du fait de la crise financière russe de 1998, d’incertitudes politiques et de retards dans la privatisation, puis ont atteint un pic en 2000 avec 127,5 millions USD (soit 9,8% du PIB) avant de redescendre à à peine 37 millions USD en 2002. Pour ce qui est du stock total d’investissements, la Fédération de Russie est de loin le plus gros investisseur (150,8 millions USD à la fin de 2002, soit 36,4% du total) en Moldova. Elle est suivie par les Etats-Unis (42,2 millions USD), l’Espagne (39,3 millions USD), la France (15,3 millions USD) et l’Allemagne (13 millions USD). A ce jour, l’investissement total sous forme de prise de participation autorisée au capital de co-entreprises (joint ventures) en Moldova s’élève à 671,2 millions USD, dont 414 millions USD (62%) proviennent de l’étranger. Les principaux flux d’investissement vers la Moldova ont jusqu’ici bénéficié aux entreprises de distribution d’énergie, de gaz et d’eau (44%), de production (23%), au commerce (12%) et aux secteurs du transport et des télécommunications (10,6%).

    Graphique 9. Flux entrants d’IDE 1995-2002

    Source : Banque centrale de la Moldova

    30. La Moldova s’est dotée d’un régime libéral et non discriminatoire en matière d’investissement étranger. Les IDE sont autorisés dans tous les secteurs, et plus particulièrement encouragés (par des concessions fiscales, par exemple) dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture, de la construction et des télécommunications. De plus, la Moldova est membre de l’AMGI (Agence multilatérale de garantie des investissements), qui propose une assurance contre le risque politique aux investisseurs et prêteurs et aide les pays à attirer et à retenir l’investissement privé. Malgré le cadre institutionnel et juridique favorable aux IDE, si l’on considère le total d’IDE depuis son indépendance, la Moldova est à la traîne par rapport à d’autres pays en transition. Cependant, en 2000, la Moldova a enregistré de bons résultats dans ce domaine ; avec 23,8 USD d’IDE par tête, elle se classe 13e sur l’ensemble des pays en transition [17]http://assembly.coe.int/Documents/W.... Cette tendance à la hausse devrait se maintenir si le gouvernement poursuit comme prévu sa stratégie de privatisation.

    31. Toutefois, bon nombre d’entreprises étrangères trouvent difficile de faire des affaires dans le pays, du fait des réglementations étatiques qu’elles jugent excessives. Une étude de la Banque mondiale en 2002 sur ce qu’il en coûte de faire des affaires en Moldova mentionne des pots-de-vin relativement élevés payés à des fonctionnaires, des exigences excessives pour l’octroi de licences, des procédures de dédouanement longues et coûteuses, des procédures complexes pour l’enregistrement des sociétés et des inspections bien trop fréquentes. De plus, des entrepreneurs nationaux se plaignent d’un manque de clarté dans la législation commerciale, d’un manque de services de soutien aux entreprises (en particulier pour les PME), de corruption et de restrictions à l’exportation (en particulier de graines). En mars 2003, la Banque mondiale a signalé ce qu’elle estime être un comportement préoccupant de harcèlement de la part des autorités de l’Etat à l’encontre de l’entreprise espagnole Union Fenosa, un investisseur stratégique qui possède trois réseaux de distribution d’électricité en Moldova.

    32. Pour ce qui concerne l’aide publique au développement (ADP) [18]http://assembly.coe.int/Documents/W..., la Moldova a bénéficié du soutien de nombreuses organisations multilatérales ainsi que de plusieurs programmes d’assistance bilatéraux. Entre 1997 et 1999, les flux entrants d’APD ont représenté en moyenne 7,6% du PIB. Depuis que la Moldova est devenue membre de la Banque mondiale en 1992 et de l’IDA (Association internationale de développement) en 1994, le cumul des engagements du Groupe Banque mondiale en faveur de la Moldova s’élevait, en mars 2003, à 505 millions USD pour 14 projets. Alors que les premiers prêts s’étaient focalisés sur le soutien à l’ajustement, la constitution d’un secteur privé dans l’agriculture et la production, et l’amélioration de la gestion du secteur de l’énergie, l’assistance vise actuellement la durabilité macro-économique, le développement du secteur privé et la réforme du secteur public. Le FMI a avancé autour de 241 millions USD à la Moldova depuis 1992, essentiellement en soutien à des cibles de politique financière et à des réformes structurelles.

    33. Les relations de la Moldova avec ses créanciers multilatéraux les plus importants - la Banque mondiale et le FMI - sont plutôt complexes. Des désaccords au sujet de politiques macro-économiques et de certaines lois ont entraîné un arrêt du financement pendant 18 mois après juillet 1997 et pendant des périodes plus courtes entre 1999 et 2002. A la date du présent rapport (mars 2003), des tensions se font à nouveau sentir, les institutions envisageant de suspendre leur financement si, au cours des prochains mois, la Moldova n’adopte pas une Loi sur les inspections avant expédition dans la version auparavant agréée avec le FMI, si le budget pour 2003 n’est pas resserré, s’il n’est pas mis fin à toutes les restrictions aux exportations et aux ingérences de l’Etat dans les activités des entreprises privées, et si la Stratégie pour la réduction de la pauvreté et en faveur de la croissance n’est pas finalisée. Des experts internationaux sont également préoccupés par des dépenses supplémentaires pour une réforme administrative et territoriale considérée comme moins prioritaire. Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe a estimé que la réforme proposée n’est pas conforme à la Charte européenne de l’autonomie locale et a formulé un certain nombre de recommandations [19]http://assembly.coe.int/Documents/W... visant à rectifier diverses lacunes.

    34. Le soutien de la BERD en faveur de la Moldova (203,8 millions € en juin 2001) s’est concentré sur le cofinancement de projets dans les secteurs financier, agricole, des entreprises privées et de l’infrastructure (y compris les télécommunications). On peut également citer le programme TACIS de l’Union européenne (environ 95 millions d’euro pour les années 1991-1992) et le PNUD parmi les autres sources d’assistance multilatérale à grande échelle. Le plus gros donneur bilatéral demeure USAID, qui a engagé au total 190,5 millions USD depuis le début de ses opérations en Moldova, en 1993. Etant donné que la Moldova est le seul Etat membre de la CEI à être entrée dans le Pacte de Stabilité pour l’Europe du Sud-Est, il faudrait davantage de souplesse de la part de l’UE pour garantir une utilisation plus cohérente et une coordination des fonds au titre de l’aide qui sont mis à disposition pour la coopération régionale en Europe du Sud-Est par le biais des programmes CARDS, PHARE, SAPARD, SIPA et TACIS et, dans une certaine mesure, par les lignes de crédit de la Banque européenne d’investissement. La Rapporteuse espère que le nouveau cadre proposé [20]http://assembly.coe.int/Documents/W... pour les relations avec ses voisins de l’Est et du Sud à la suite de son élargissement ouvriront des perspectives pour le renforcement des relations commerciales entre l’UE et la Moldova et pour la coopération en général.

    2.7. Indicateurs sociaux

    35. Le recul économique de la Moldova a eu pour conséquence que le niveau de vie de ses habitants s’est érodé depuis 1991. En 2000, 40,5% de l’ensemble des ménages du pays vivait en dessous du seuil de pauvreté (fixé à 30% du salaire minimum de subsistance). La situation est encore pire dans les zones rurales (54% de la population), où plus de la moitié de la population était en dessous du seuil de pauvreté en 2000 [21]http://assembly.coe.int/Documents/W.... Avec un IDH (Indicateur de développement humain) [22]http://assembly.coe.int/Documents/W... de 0,699 (0,700 en 2000), la Moldova se classait 98e sur 162 pays. Parmi les ex-Républiques soviétiques, seuls l’Ouzbékistan et le Tadjikistan étaient moins bien classés qu’elle en 1999. En comparaison, l’IDH de la République soviétique de Moldova était de 0,758 en 1990.

    36. Le taux officiel du chômage mesuré en 2002 représentait à peine 2% de la population économiquement active[23]http://assembly.coe.int/Documents/W.... Toutefois, ce taux ne prend en compte que les chômeurs officiellement enregistrés comme tels. L’OIT (Organisation internationale du travail) estime ce taux de chômage à 7,3% (et celui des jeunes proche de 16%), mais même ainsi calculé, il n’est pas certain qu’il reflète la véritable situation. De plus, outre le chômage caché, les chiffres pourraient bien aussi révéler une faible productivité, une faible mobilité de la main d’œuvre, un dysfonctionnement des mécanismes pour traiter les faillites, et une très faible concurrence réelle sur le marché du travail qui, si tel n’était pas le cas, stimuleraient la formation professionnelle et l’acquisition de nouveaux savoir-faire.

    37. Si les revenus disponibles mensuels par tête [24]http://assembly.coe.int/Documents/W... sont passés de 135 Lei en 1997 à 186 Lei en 2000 en termes nominaux, le revenu réel disponible mensuel par tête en 2000 n’atteignait même pas 80% du niveau de 1997. Aujourd’hui, environ 90% de la population vit avec moins de 1 USD par jour. Du fait des retards de versement des salaires, du recul des revenus et des prix en hausse pour les biens de grande consommation et le logement, les Moldaves sont dans une situation très difficile. Ainsi, le coefficient de Gini [25]http://assembly.coe.int/Documents/W... pour la distribution des revenus était estimé à 0,406 en 1999, les 20% les plus riches de la population gagnant 11 fois plus que les 20% les plus pauvres. En 2001, la situation s’est légèrement améliorée du fait d’une légère hausse des salaires, passés à 40 USD par mois alors qu’ils n’étaient que de 30 USD par mois en 2000, et à 54 USD par mois au début de 2003.

    38. Etant donné les mauvaises conditions du budget de l’Etat, les dépenses publiques pour l’éducation, la santé et la sécurité sociale ont chuté de 26,9% en 1997 à 17,6% en 2000. Selon une tendance identique, la part des dépenses pour l’éducation dans les dépenses publiques totales est passée de 24,4% en 1995 à 16,7% en 2000, les dépenses de santé chutant, quant à elles, de 15,8% à 11% [26]http://assembly.coe.int/Documents/W.... Au cours de la période 2001-2002, cependant, les dotations budgétaires pour les soins de santé, l’éducation et la sécurité sociale ont augmenté, atteignant respectivement 25%, 14,2% et 14% des dépenses totales du budget pour 2003. Les conditions socio-économiques difficiles en Moldova ont poussé une part significative de la population active à s’établir à l’étranger : environ 600 000 Moldaves auraient quitté le pays, temporairement ou définitivement, pour travailler en Fédération de Russie et en Europe de l’Ouest. En 2002, ces travailleurs migrants auraient transféré au moins 275 millions USD par des canaux officiels et environ 150 millions USD par d’autres moyens pour venir en aide à leurs familles en Moldova.




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